rêve

WHISKY

WHISKY

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© JORDAN PONCET

Whisky dans un verre
Sans goût et sous terre
L’amour et la haine
La vie et ses chaines
On enchaîne au vent
Des colliers de fleurs
Des fleurs et du temps
Poussières et tranchant
De nos gouffres amers

*

C’est le whisky du soir
Qui glisse au sol mat
Des cruels encensoirs
Solitude intacte
Et cruel souvenir
C’est celui de l’être
Qu’on pouvait omettre
Et qu’on pouvait vernir
De notre amour terni

Terminé les séries
De secrets exigus
Le jour contigu
Aux noirs cauchemars
Sang trouble et fêtard
Aller aux arènes
Choper la gangrène
Dans un obscur oubli
De soi et d’autrui
Si l’autre est établi
Dans les remous finis
D’un brumeux destin

*

Whisky dans un verre
Emacié le visage
Acculé le rivage
Le cœur est sous terre

 

Jordan Poncet, 30/01/18

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FUITE NOCTURNE

FUITE NOCTURNE

Quand la Nuit tranche à vif nos prunelles orphelines
Et fait choir sur l’autel
De nos peurs sibyllines
Des éclats de lune aux pâmoisons immortelles,

C’est que le foyer fuit
Par les routes et chemins dans les mains du dégoût,
Dans le brouillard qui luit
— Au fond d’un gouffre amer où le passé sans goût

Vient gaufrer le sol mat.
C’est quand le cri nocturne
Rappelle au cœur meurtri l’examen de Maât
Sur l’arc noir, oblong, d’une église sans fortune.

Mais que glisse au degré ultime du silence
Par l’embrasure hautaine et pleine d’indulgences
De la Maison confuse ?
Un nain aux yeux qui fusent

Sur l’ébahi trompé ; un nain tenant le drap
Et le couteau, la clef, le mouchoir, le prélat,
Le sourire élargi par ses dents coruscantes
Et ses desseins obscurs, sa vision clairvoyante.

Et que ne fait-il pas
En redoublant ses pas,
En chassant la poussière
De ces confins austères ?

Il se met à courir avec le drap unique,
Sautant les vallons morts,
Nous jouant l’affreux sort
Que subit un dormeur vers le réveil cynique.

Car le drap tient le rêve
Et tout se trouble ainsi,
Et tout se fond en sève
Dans le cercueil : le lit.

Jordan Poncet — 14/11/17

Être

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Deru – 1979

ÊTRE

Des taches d’encre sur les murs
Et des murmures et des éclats
De voix de temps et de futurs
Sentiers brumeux semblables états
Me déposant sur le rivage
Que les étoiles humidifient
Que les étoiles et leurs visages
Couvrent de rêves auxquels se fient
Se figent les âmes endeuillées

 

Jordan Poncet, 9/08/17