littérature

Automnal

AUTOMNAL

 

J’entends Thoreau qui m’appelle — entre les feuilles
Et mon bourbon dans leurs sillons bourbeux.
Ça ruisselle et ça aime à sortir en deuil ;
Ça gicle au pied des arbres, des brumeux
Sentiers serpentant, couvant le sommeil
— Quelques pas dansant, courant sans pareil.

Au lointain bariolé, rideaux de pluie,
Monceaux de souvenirs humidifiés
Qu’on délaisse, des rêves qu’on oublie
Car ça ruisselle au bas des sacrifiés,
Car le visage embrasse un autre austère
Fracassé dans la flaque, éprit de terre.

Et par le ciel et par l’odeur mesquine,
Sortis sans but, nous rentrons plein de vide
Retrouver le feu, notre chrysalide.
Ou bien, dans le courant des fleurs sanguines,
Nous dérivons à perdre un jour futile
Fut-il aussi morne que volubile ;

Jusqu’aux bois où se répand son essence,
— Sous les ramées et sous les gouttes —
Dévorés par sa clémence,
Sous la mort et le doute
Pour pleurer, pour lire
La Nuit sans cire.

Jordan Poncet, 30/09/17

Publicités

Être

Screen-Shot-2014-05-14-at-12.23.22-AM

Deru – 1979

ÊTRE

Des taches d’encre sur les murs
Et des murmures et des éclats
De voix de temps et de futurs
Sentiers brumeux semblables états
Me déposant sur le rivage
Que les étoiles humidifient
Que les étoiles et leurs visages
Couvrent de rêves auxquels se fient
Se figent les âmes endeuillées

 

Jordan Poncet, 9/08/17

 

Baudelaire aux enfers

rochegrosse-baudelaire

Frontispice pour les Fleurs du mal (1917) par Decisy d’après Rochegrosse

Charles Baudelaire – 1821-1867

À l’occasion du cent cinquantenaire de la mort du poète.

 

BAUDELAIRE AUX ENFERS

 

Baudelaire perdu dans la grande infortune,
Dans une eau-forte où s’épanche le souvenir
D’un temps passé à fuir les souffrances communes.
Baudelaire aux enfers où se meut le délire.

C’est dans tes yeux perçants que germe le dégoût,
C’est celui du rôdeur couchant la solitude
Sur les pavés grisés de l’horreur multitude,
Sur les gravats du ciel que le vers a dissous.

Le désir a gravi les marches de tes pensées,
A gravé sur ton cœur la chaleur de l’Eté
Qui s’en va nonchalant dorer la chevelure

De muses aux seins mouillés par la douce luxure,
Sous des cieux aux relents de voyages éternels
Où se noieront ton âme et l’idéal charnel !

 

              À l’unique dieu Poète

                 Qui jadis vécu

 

Jordan Poncet – 4/03/17

Participation à l’édition 2016-2017 de la Plume de Jaurès

sans-titre

 

  C’est avec grand plaisir que j’eu l’occasion de contribuer à l’édition 2016-2017 de ce journal lycéen, qui, ma foi, est parvenu à regrouper une petite myriade de textes aussi divers qu’intéressants. Poèmes, articles sur l’orientation, l’action et l’engagement citoyens, nouvelle et très beaux dessins sont à découvrir ici.